Je te hais.

Parfois, je te hais.

Je te hais parce qu’avant ma solitude était ma force. Maintenant, elle me fait terriblement souffrir. Ce qui me fait chercher. Chercher ce que j’ai raté… ce que j’ai brisé, ce que j’ai gâché… Et pour ça, je dois abattre des barrières immenses. Combattre des peurs enfouis depuis des lustres… Je te hais…

Parfois, je souhaite que nos chemins ne se soit jamais croisés afin de continuer à vivre dans l’ignorance… Mais on ne peut revenir en arrière et le passé demeure inchangeable. Alors je te hais…

Puis je ferme les yeux et vois ton visage ou je vois un vieil homme et soudainement il se transforme en une version de toi plus ridé, avec des cheveux blancs et un sourire espiègle et des yeux bruns vifs et tendres et mon cœur s’emballe à nouveau, comme s’il me reprochait : « Comment oses-tu oublier? » alors je te hais de plus belle… parce que TOI, ta tête de zèbre noir et blanc fantomatique s’impose à moi. Et j’y peut rien.


 

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J’assume

T’avais raison. J’avais pas confiance en moi. Mais tu m’as appris que j’étais courageuse. Vois-tu, dans ma vie, j’ai su affronter mes agresseurs à plusieurs reprises, j’ai su garder mon sang froid et me battre plusieurs fois alors que ma vie était menacée. Même si, devant toi, je flanche, je perds tous mes moyens… à force de vouloir que rien ne paraisse, impossible d’être naturelle, surtout dans un tel contexte. Tu sais, on dit que la femme est la faiblesse de l’homme et l’homme, la force de la femme, c’est que tu as été pour moi

Parce que tu es toi, tu m’as fait devenir moi. Tu m’as donné le goût de vivre, d’être meilleure et de redécouvrir le monde et d’avoir mes propres aventures tel le Bob Morane de mon enfance. Tu m’as redonné mon écriture, mon art, ma compassion, ma curiosité. Tu m’as apprit que j’avais un cœur qui battait là où je croyais qu’un glacier existait flottant dans l’abysse de ma souffrance solitaire. Tu m’as fait fondre et tu m’as libéré des souvenirs rageurs des mains qui me frappent et des insultes crachés à l’imparfait, des fantômes de l’enfance ravagé par la lèpre de l’inceste qui ronge et qui détruit tout ce qu’il y a de beau et pure.

Tu m’as fait travailler dans mon jardin, tu m’as fait enlever les mauvaises herbes, tu as semé de l’espoir, confiance et de l’amour là où il n’y avait que gravier et terre souillée. T’as redonné un sens à mon existence. La réciprocité fut qu’une option. J’étais habité par la reconnaissance, mais j’ignorais comment te faire savoir et j’avais la trouille car je me plongeait dans l’inconnu. J’ai éclaté. Parce que ce que j’ai ressentis pour toi était trop déstabilisant, trop fort. Maintenant, je m’en fout parce que t‘avais raison, je n’aurais pas su faire la différence entre l’homme et le professeur. T’avais raison de m’interdire le voyage même si je n’ai rien compris à tes explications car sous les rythmes cubains je t’aurais fait l’amour avec ferveur, enseignant ou non. Copine ou non, même si cela va contre mes valeurs. Parce que j’aurais été égoïste, pour une fois!

Mais je suis réaliste, je n’ai jamais espéré une vie parfaitement imparfaite à tes côtés. Parce que je n’ai rien de plus à t’offrir que mon cœur en construction, mon amour inconditionnel qui se moque de la réciprocité, de la vie de couple, de ton rejet.

Je ne suis pas dupe au point de croire que seul l’amour suffit… je n’ai rien de plus à offrir que ta blonde t’offre probablement déjà du mieux qu’elle le peut. Je ne prétendrais jamais être une meilleure option qu’elle car je sais ce que je vaux mais je sais aussi bien d’autres choses.

J’ai essayé par tous les moyens de t’oublier mais chaque tentative s’est résulté en échec en plus d’augmenter le PIB de mon affection pour toi. Je me suis avoué vaincue et maintenant j’accepte même si je ne comprends toujours pas pourquoi je ressens ce que je ressens. Il me sert à rien de t’oublier même si cela demeure une source de frustration pour la femme indépendante que je suis. Je déteste t’aimer autant. Je déteste te donner autant d’importance. Mais je suis vaincue, le temps fera son œuvre et peut-être effacera-t-elle ton visage avec un amour plus grand encore… et réciproque. J’accepte pour l’instant d’éprouver un amour plus grand que les frontières que tu m’impose, un amour non partagé, intouché, inexploré… résistant. Foutrement résistant, le salaud.

De toute façon je n’accepterai jamais de convaincre quelqu’un d’avoir 1- confiance en moi 2- d’être bien avec moi 3- de vouloir me connaître et encore moins 4- de m’aimer!! Je ne veux pas d’un homme qui croit que je n’ai pas confiance en moi et qui me rabaissera pour se protéger. Un homme de 39 ans incapable de me parler comme une humaine capable de comprendre la vérité sans détour.

Mais je ne t’en veux pas parce que je suis ici, libre à cause de ça. Et moi, je suis comme ça, je prends les pierres qu’on me lance et j’en fait un château. Crois-moi, il y en a de belles et grosses pierres dans ce château. Je te t’en veux pas parce que j’ai découvert les continents de ma personne. Je ne t’en veux pas parce que je t’ai donner le pouvoir, j’t’en veux pas parce que tu avais de bonnes intentions par rapport à ta famille.  Merci d’exister. Tu m’inspires.